mjidPar Mohamed Mjid

Faut-il céder à cette émolliente tentation : Ne rien faire ? Ne rien laisser dire ? Est-ce la règle du silence complice alors que partout s’agitent les esprits ? Et que dans le cloaque politicien grenouillent les prédateurs ?

L’opération chirurgicale s’impose donc. 1- Elle consiste à supprimer purement et simplement la deuxième chambre, cette chambre de conseillers inutile et coûteuse, véritable coquille vide de sens et d’intérêt. 2- Il faut également interdire, pour au moins dix ans, aux démissionnaires qui veulent déménager à la seconde chambre le droit de se présenter aux élections. 3- Il convient de renforcer la vigilance et lutter contre toute complaisance, et que l’Administration joue pleinement son rôle et accomplisse son devoir de contrôle , et éviter de se confiner dans une fausse et coupable neutralité. Ces trois mesurent peuvent en l’occurrence choquer les tenants du passéisme et de l’immobilisme qui prospèrent à une vitesse impressionnante, tant ils arrangent leurs intérêts de caste et protègent leurs privilèges. Mais ces mesures s’avèrent, dans le contexte pourri de nos jours, d’autant plus nécessaires que la forfaiture des neufs élus démissionnaires suscite la plus grande et une violente réprobation. Mieux : elle discrédite le système tout entier, parce qu’elle transforme la politique en un « panier de crabes », érige le marchandage sordide en une pratique et les opportunistes en fossoyeurs de la démocratie. Les neufs démissionnaires sortant de surcroît de respectables formations : PPS, MP, Istiqlal et RNI vendent leurs âmes au diable, dit-on. Ils sont poussés par leur nombril et se livrent à une morbide danse de girouette. Leur calcul personnel, troquer une année à la chambre de représentants contre la promesse , lucrative et juteuse, de se pavaner neuf ans encore à la deuxième chambre, constitue un camouflet jeté à la face du peuple, des institutions et des consciences.

Il y va de l’avenir du Maroc et de ses institutions et s’il faut un referendum pour légitimer la suppression de cette boîte à gabegie appelée deuxième chambre, et bien qu’à cela ne tienne. Je lance un appel solennel à tous les citoyens, conscients de la gravité d’une situation ubuesque, pour qu’ils se mobilisent dans ce sens, j’en appelle également à une révision impérative de ces critères de candidature à toute élection, dont les spécialistes juristes, constitutionnalistes et experts peuvent établir et codifier les normes. Que cesse alors la comédie et que les porteurs de guigne s’éclipsent...