Tribulations du Maroc

vendredi 13 juillet

Vitam impendere amori


    Dans le crépuscule fané
    Où plusieurs amours se bousculent
    Ton souvenir gît enchaîné
    Loin de nos ombres qui reculent

    Ô mains qu'enchaîne la mémoire
    Et brûlantes comme un bûcher
    Où le dernier des phénix noire
    Perfection vient se jucher

    La chaîne s'use maille à maille
    Ton souvenir riant de nous
    S'enfuir l'entends-tu qui nous raille
    Et je retombe à tes genoux

    Le soir tombe et dans le jardin
    Elles racontent des histoires
    À la nuit qui non sans dédain
    Répand leurs chevelures noires

    Petits enfants petits enfants
    Vos ailes se sont envolées
    Mais rose toi qui te défends
    Perds tes odeurs inégalées

    Car voici l'heure du larcin
    De plumes de fleurs et de tresses
    Cueillez le jet d'eau du bassin
    Dont les roses sont les maîtresses

    Ô ma jeunesse abandonnée
    Comme une guirlande fanée
    Voici que s'en vient la saison
    Et des dédains et du soupçon

    Le paysage est fait de toiles
    Il coule un faux fleuve de sang
    Et sous l'arbre fleuri d'étoiles
    Un clown est l'unique passant

    Un froid rayon poudroie et joue
    Sur les décors et sur ta joue
    Un coup de revolver un cri
    Dans l'ombre un portrait a souri

    La vitre du cadre est brisée
    Un air qu'on ne peut définir
    Hésite entre son et pensée
    Entre avenir et souvenir

    Ô ma jeunesse abandonnée
    Comme une guirlande fanée
    Voici que s'en vient la saison
    Des regrets et de la raison

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

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mardi 14 novembre

De la rumeur

« Il ne lui faut, dit-il, ny matière, ny baze : laissez la

courre, elle bastit aussi bien sur le vuide que sur le

plein

L’erreur particuliaire fait premièrement l’erreur

plublicque, et à son tour après, l’erreur publicque fait

l’erreur particulière. Ainsi va tout ce bastiment,

s’éstoffant et formant de main en main, de manière

que le plus éloigné tesmoing en est mieux instruict que

le plus voysin et le dernier informé mieulx persuadé

que le premier; C’est un progrez naturel : car

quiquonque croit quelque chose estime que c’est

ouvrage de charité de la persuader à un aultre, et

pour ce faire, ne craint point d’aiouster de son

invention, autant qu’il veoid estre nécessaire en son

conte pour suppléer à la résistance et au défault qu’il

pense être en la conception d’aultruy. »

Montaigne, Essais, Liv.III ch.XI

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dimanche 17 septembre

Possédons-nous encore un monde commun?

Hannah Arendt
(Dans les pas d'Hannah Arendt, Laure Adler Ed. Gallimard)

Vivons-nous chacun dans notre monde ou possédons-nous encore un monde
commun?

La domination totalitaire a cassé le fil de la continuité historique, et en
faisant voler en éclats l'idée même d'humanité, nous contraint à imaginer de
nouvelles catégories politiques.

La philosophie dorénavant ne peut plus être une vision du monde. Elle ne
détient plus le pouvoir de révélation. Les idées sont devenues au mieux de
simples valeurs, elles-mêmes soumises à réexamen perpétuel. Le concept
de vérité devient douteux. Mais la philosophie n'est pas pour autant morte
dans une société où le ciel des idées, autrefois clair et dégagé s'obscurcit
chaque jour.

Le monde a changé d'essence et de sens depuis la série de catastrophes
mondiales inaugurées au début de la Première Guerre mondiale. C'est comme si
l'ossature de ce monde s'était effondrée sur elle-même vivant de toute
substance des catégories aussi essentielles que la tradition ou l'autorité.

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mardi 05 septembre

Au-delà

C'est un mysticisme sans dieu, païen si l'on peut dire. Mais il faut préciser que je ne pense pas à un dieu quelconque, à une expérience religieuse, quand je parle de mysticisme. Et lorsque j'évoque la verticalité de l'expérience, j'ai en tête l'existence de la dimension ontologique au sein de l'expérience de l'amour, d'une expérience du rapport entre l'homme et la femme, au-delà de l'expérience amoureuse.

Adonis

adonis2

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vendredi 01 septembre

2e Chambre, que les porteurs de guigne s'éclipsent

mjidPar Mohamed Mjid

Faut-il céder à cette émolliente tentation : Ne rien faire ? Ne rien laisser dire ? Est-ce la règle du silence complice alors que partout s’agitent les esprits ? Et que dans le cloaque politicien grenouillent les prédateurs ?

L’opération chirurgicale s’impose donc. 1- Elle consiste à supprimer purement et simplement la deuxième chambre, cette chambre de conseillers inutile et coûteuse, véritable coquille vide de sens et d’intérêt. 2- Il faut également interdire, pour au moins dix ans, aux démissionnaires qui veulent déménager à la seconde chambre le droit de se présenter aux élections. 3- Il convient de renforcer la vigilance et lutter contre toute complaisance, et que l’Administration joue pleinement son rôle et accomplisse son devoir de contrôle , et éviter de se confiner dans une fausse et coupable neutralité. Ces trois mesurent peuvent en l’occurrence choquer les tenants du passéisme et de l’immobilisme qui prospèrent à une vitesse impressionnante, tant ils arrangent leurs intérêts de caste et protègent leurs privilèges. Mais ces mesures s’avèrent, dans le contexte pourri de nos jours, d’autant plus nécessaires que la forfaiture des neufs élus démissionnaires suscite la plus grande et une violente réprobation. Mieux : elle discrédite le système tout entier, parce qu’elle transforme la politique en un « panier de crabes », érige le marchandage sordide en une pratique et les opportunistes en fossoyeurs de la démocratie. Les neufs démissionnaires sortant de surcroît de respectables formations : PPS, MP, Istiqlal et RNI vendent leurs âmes au diable, dit-on. Ils sont poussés par leur nombril et se livrent à une morbide danse de girouette. Leur calcul personnel, troquer une année à la chambre de représentants contre la promesse , lucrative et juteuse, de se pavaner neuf ans encore à la deuxième chambre, constitue un camouflet jeté à la face du peuple, des institutions et des consciences.

Il y va de l’avenir du Maroc et de ses institutions et s’il faut un referendum pour légitimer la suppression de cette boîte à gabegie appelée deuxième chambre, et bien qu’à cela ne tienne. Je lance un appel solennel à tous les citoyens, conscients de la gravité d’une situation ubuesque, pour qu’ils se mobilisent dans ce sens, j’en appelle également à une révision impérative de ces critères de candidature à toute élection, dont les spécialistes juristes, constitutionnalistes et experts peuvent établir et codifier les normes. Que cesse alors la comédie et que les porteurs de guigne s’éclipsent...

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lundi 21 août

Ephémère effigie

Pas_sable_ephemere

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samedi 19 août

Dis, m'man, l'intégrisme, c'est quoi?

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jeudi 10 août

STOP NOW!

Les photos (voir album) sont très choquantes. Ignobles. Ceci n'est pas une guerre d'Etat à Etat, ceci est un carnage.

stop

Mais putain! Israël fais ta besogne loin des enfants! Merde!

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mercredi 09 août

Amour de jais

Femme nue, femme noire
Vétue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J'ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu'au coeur de l'Eté et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d'un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l'éclair d'un aigle

Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais
lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du
Vent d'Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l'Aimée

Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l'athlète, aux
flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta
peau.

Délices des jeux de l'Esprit, les reflets de l'or ronge ta peau qui se moire

A l'ombre de ta chevelure, s'éclaire mon angoisse aux soleils prochains

de tes yeux.

Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l'Eternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les
racines de la vie.

peinture.art.free.fr/page24.htm.

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dimanche 06 août

Le loup et l'agneau

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l'allons montrer tout à l'heure.
Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
- Sire, répond l'Agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu'elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d'Elle,
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
- Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l'an passé.
- Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ?
Reprit l'Agneau, je tette encor ma mère.
- Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.
- Je n'en ai point. - C'est donc quelqu'un des tiens :
Car vous ne m'épargnez guère,
Vous, vos bergers, et vos chiens.
On me l'a dit : il faut que je me venge.
Là-dessus, au fond des forêts
Le Loup l'emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

J.deLaFontaine

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samedi 05 août

Liban, l'humanité en deuil

deuil

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Une fois pris dans l'événement, les hommes ne s'en effraient plus. Seul l'inconnu épouvante les hommes.

Antoine de Saint-Exupéry

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vendredi 04 août

Seigneur des nuits

Pleine d'impatience,
J'attends ton rêve, j'attends la nuit.
Les jours s'alignent en une chaîne
Mais chaque soir vient la briser.

Seigneur des nuits
Jette la passerelle sur le fleuve
De rive à rive.
Aussi quand, assoiffée je courrai
Pour me coucher dans ta fraîcheur
Au dernier bond je pourrai me reprendre
Sur la passerelle entre les rives entre les jours
Au-dessus de l'éclat de ton or.
Hannah

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Cours cours

Je courrai alors comme je courais jadis
Par les près, les bois et les champs:
Tu te tiendras alors comme jadis
Le salut le plus intime du monde.
Puis on comptera les pas
Par le lointain et par le proche;
Puis on racontera cette vie
Qui fut le rêve de tout instant

Hannah Arendt

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mercredi 02 août

L'esprit de la France par Charles

IV

Un plaisant

C'était l'explosion du nouvel an: chaos de boue et de neige, traversé de mille carrosses,

étincelant de joujoux et de bonbons, grouillant de cupidités et de désespoirs, délire officiel d'une

grande ville fait pour troubler le cerveau du solitaire le plus fort.

Au milieu de ce tohu-bohu et de ce vacarme, un âne trottait vivement, harcelé par un

malotru armé d'un fouet.

Comme l'âne allait tourner l'angle d'un trottoir, un beau monsieur ganté, verni,

cruellement cravaté et emprisonné dans des habits tout neufs, s'inclina cérémonieusement

devant l'humble bête, et lui dit, en ôtant son chapeau: « Je vous la souhaite bonne et

heureuse!»puis se retourna vers je ne sais quels camarades avec un air de fatuité, comme pour les

prier d'ajouter leur approbation à son contentement.

L'âne ne vit pas ce beau plaisant, et continua de courir avec zèle où l'appelait son devoir.

Pour moi, je fus pris subitement d'une incommensurable rage contre ce magnifique

imbécile, qui me parut concentrer en lui tout l'esprit de la France.

Petits poèmes en proses, Charles Baudelaire

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Voie lactée

Les démons du hasard selon
Le chant du firmament nous mènent
A sons perdus leurs violons
Font danser notre race humaine
Sur la descente à reculons

Guillaume Apollinaire

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samedi 29 juillet

L'invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Charles Baudelaire

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vendredi 28 juillet

Le visage de la guerre

m_Guerrevisage_daliSalvadore Dali

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journee_internationale_paix

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mercredi 26 juillet

foi loi roi

foi, intime conviction de l’acte

loi, raison, tourner l’instinct de survie

roi bohême commande tout et  foi et loi 

Scherzo et allegro, éclate, explose

vaine course du temps

vaine justice de l’homme

et la veine avide, de l’animal désenchanté

roi c’est le cœur

foudroie raison et conviction

il se bat

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dimanche 23 juillet

Les premiers ânes

aneJacques Prévert, contes pour enfants pas sages

Autrefois, les ânes étaient tout à fait sauvages, c’est-à-dire qu'ils mangeaient quand ils avaient faim, qu'ils buvaient quand ils avaient soif et qu'ils couraient dans l'herbe quand ça leur faisait plaisir.

Quelquefois, un lion venait manger un âne, alors tous les autres ânes se sauvaient en criant comme des ânes, mais le lendemain ils n'y pensaient plus et recommençaient à braire, à boire, à manger, à courir, à dormir... En somme, sauf les jours où le lion venait, tout marchait assez bien.

Un jour, les rois de la création (c'est comme ça que les hommes aiment à s’appeler entre eux) arrivèrent dans le pays des ânes, et les ânes très contents de voir du nouveau monde galopèrent à la rencontre des hommes.

Les ânes (ils parlent en galopant): "Ce sont de drôles d'animaux blêmes, ils marchent à deux pattes, leurs oreilles sont très petites, ils ne sont pas beaux mais il faut tout de même leur faire une petite réception... c’est la moindre des choses ... "

Et les ânes font les drôles ils se roulent dans l'herbe en agitant les pattes, ils chantent la chanson des ânes et puis, histoire de rire, ils poussent les hommes pour les faire un tout petit peu tomber par terre; mais l'homme n'aime pas beaucoup la plaisanterie quand ce n'est pas lui qui plaisante et. il n'y a pas cinq minutes que les rois de la création sont dans le pays des ânes que tous les ânes sont ficelés comme des saucissons.genealogy

Tous, sauf le plus jeune, le plus tendre, celui-là mis à mort et rôti à la broche avec autour de lui les hommes le couteau à la main. L’âne cuit à point, les hommes commencent 'à manger et font une grimace de mauvaise humeur puis jettent leur couteau par terre.

L'un des hommes (il parle tout seul): "Ça ne vaut pas le boeuf, ça ne vaut pas le boeuf! "

Un autre : "Ce n'est pas bon, j'aime mieux le mouton!"

Un autre : "Oh que c'est mauvais (il pleure)."

Et les ânes captifs voyant pleurer l'homme pensent que c'est le remords qui lui tire les larmes.

On va nous laisser partir, pensent les ânes mais les hommes se lèvent et parlent tous ensemble en faisant de grands gestes.

Choeur des hommes : "Ces animaux ne sont pas bons a manger leurs cris sont désagréables, leurs oreilles ridiculement longues, ils sont sûrement stupides et ne savent ni lire, ni compter, nous les appellerons des ânes parce que tel est notre bon plaisir et ils porteront nos paquets. "C'est nous qui sommes les rois, en avant!" Et les hommes emmenèrent les ânes.

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lundi 17 juillet

Quel monde pourri.

libanwww.e-torpedo.net

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mercredi 12 juillet

Errare humanum est, perseverare diabolicum

20041220_erreur_pt_lattesIl était une fois un passionné des ports, pour ne pas dire un habité, un illuminé, un fou de la vie maritime. Ce  chercheur a trouvé des documents originaux de 1920 chez…un marchand de pépites, par hasard ! Ils retracent une partie de la conception du port de Casablanca. Pauvre histoire contemporaine livrée à une féroce et cruelle mémoire. Et il en coûte. Il vous en coûte dans votre soi, votre identité, votre développement.

L'autre "étrangeté", comme le dit avec pudeur ce maestro portuaire, le port de plaisance de Témara (10 millions de dollars): n'a jamais fonctionné parce que la nature a fait qu'aucun bateau ne puisse traverser une longue barrière rocheuse. Sur une photo aériennen cela se voit comme un nez au milieu de la figure. Il a pourtant été construit ! Le tempo donne 1994.

Le port d'Asilah (20 millions de dollars) siège sur les vestiges du port construit par les Espagnols, alors ensablé puis démoli. Les mêmes causes produisent les mêmes effets: le nouveau port construit par les Marocains a été ensablé aussi. Il ne sera jamais inauguré. Nous sommes en 1986.

Autre lieu, autre temps, même symptômes :

Les journaux de la première moitié du siècle jonchent froissés, jaunis, le parterre poussiéreux de la Bibliothèque Nationale de Rabat. Le calendrier affiche 2005.

D'autres erreurs non reconnues, à peine murmurées, hantent le présent, habitent déjà l'avenir. La responsabilité est collective et individuelle. Si « le passé est le passé », personne n’a le droit de le bafouer en le méprisant.

Mais de cela, que dit le droit ?

Pour ces affronts à sa propre histoire, la vision manque cruellement au présent. Pour le futur, construire veut dire sauver son histoire, quelle qu’elle soit. On ne construit pas sur des trous noirs, ça fait des trous dans les caisses et dans les têtes. Le coup est fatal.

(Affiche:http://collectiftramway.free.fr/actu/20041220-erreur-pt-lattes.jpg)

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jeudi 06 juillet

Poros & Pénia

la_nuit_alberto_molina

Ce dimanche, Candy ouvre des yeux de petite fille dans un corps de géant et dans un lit bien trop grand. Le pyjama est flottant. Ses paupières contiennent mal son réveil. Chocolat au lait ou chocolat au lait ? Aucun des deux. Son souffle n’est plus celui des bébés.

Elle met une seconde à réaliser : petite fille elle est prisonnière. Papa ne vient pas. Maman n’est pas là. Ton p’tit dèj du matin ne sera pas. Elle reste là, figée sur son lit, la conscience et l’absence en mêlée.

Que s’est-il passé entre temps ?

Grand-maman ne l’emmène plus en médina. Papy ne lui apprend plus la prière. Tati ne demande plus son dernier pas de danse. Mme Barosa ne lui donne plus des cours de piano. Et elle ne court plus dans un champ de blé à rire juste de pouvoir courir ; vers des bras géants qui finiront par la rattraper si un épi s’en mêlait.

pipe_magritte

Candy n’est plus dans un océan de communion. Elle est reine des otages. Les ombres qu’elle avait vues sur la paroi de la caverne lui montraient un monde arc-en-ciel, insouciant, amoureux, aventureux, festif. Ce n’était là que le libre-arbitre de pauvres hommes enchaînés. Elle a jugé les images pour la réalité. Et même s’il arrivait que l’un de ces humains soit libéré ; il choisit de rester dans sa vie, écroué, car elle est réelle pour lui.

Quant à l’amour, et bien, c’est seulement parce que Zeus a décidé de couper en deux les androgynes (avec une tête à deux visages[1], quatre bras, huits jambes), pour les punir d’avoir voulu escalader le ciel, qu’aujourd’hui, on cherche notre «moitié», errants, hagards. Très terre-à-terre Zeus…restons-le.

Pourquoi ce dimanche ci, ce matin là devait-elle mettre des mots à terre? Que vient faire Platon dans ces ondes dominicales?

Candy se retrouve le cas pratique de vieilles envolées de profs de philo. Ce matin elle se voit pousser de longues et pesantes moustaches sur son visage de petite fille…Elle sent le dru de ces bouts de poils qui disent qu’on est un homme adulte, c'est-à-dire mature et majeur…

Elle devient adulte, comme ces miteux et mythiques professeurs ! Elle n’a pas le cafard, elle le devient. Brave petite bête. Gregor Samsa (Kafka) aura finalement trouvé la sérénité dans la peau d’un insecte mais aussi le désamour des siens parce qu’il ne sert plus à rien. Et si c’était cela le moins pire dans le meilleur des mondes possibles ? Se « blatteriser » ?

La petite fille gigote dans les tavernes de Candy. Elle est fébrile. Commence à poindre une fièvre. Rien de mieux qu’une douche pour chasser ces tumultes. Se dirigeant vers la salle de bain, elle sent ses membres engourdis, ankylosés, et trop lourds pour être portés. Elle se sent très légère et statique à la fois. Les hauteurs de la maison lui paraissent disproportionnées : le patio a doublé de largeur, la poignée de la salle de bain est trop basse. Elle parvient à entrer dans la douche. Pcchhhh, enfin l’eau tiède perle sur son visage. Elle ferme les yeux très forts, ouvre légèrement la bouche pour mieux sentir filer l’eau savoureuse, chaleureuse. Mais Platon ne lâche pas son affaire. L’eau continue de creuser les limons.

L’amour auquel elle a goûté, et l’industriel de ses jours d’adulte la rendent philosophe et chèvre ; entre ignorance et savoir, à mi-chemin. Comme la nature démentielle de l’Amour, fils de l’Abondance (Poros) et de la Pauvreté (Pénia). Et comme au Banquet où ils nous parlaient il y a bien longtemps, d’amour comme désir de l’absolu, Candy se demande où est le vrai dans ce qu’elle voit.

Il y a de ces maladies que l’on n’attrape qu’une seule fois dans sa vie. Candy n’était plus une ce dimanche matin. L’adulte regardait la petite fille, confuse. De toutes les poupées passées entre ses mains, aucune n’était adulte.

[1] http://www.cyberphilo.com/textes/androgynes.html


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mercredi 05 juillet

heeeey

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samedi 01 juillet

Nietzscherie

ballet

" La croyance que rien ne change provient soit d'une mauvaise vue, soit d'une mauvaise foi. La première se corrige, la deuxième se combat. Quel argument ? demandez vous : simplement le goût de l'existence à critiquer, la dure joie des vérités à desceller et la nécessité impérieuse du monde à repeindre.
Si vous ne pouvez être des saints de la connaissance, soyez en au moins les guerriers ."

F.N

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vendredi 30 juin

L'entonnoir

La gare, le train, sont de palpitants lieux de vie en communauté. Il y a depuis quelques temps des signaux d’évolution et d’autres d’une insolente et inexplicable persistance.

entonnoir1

Aux débuts de mon expérience ferroviaire, il fallait se lever tôt pour ne pas se faire critiquer par la foule devant les guichets. Notez, SVP, la forme en entonnoir à laquelle tenait (tient) l’acheteur d’un billet de train moyen. Le bout de l’entonnoir étant la cible à atteindre : le guichetier. Celui qui a le sézame de vous faire passer en premier, au prix d’une bousculade de la joyeuse foule pas gênée pour deux sous de tant de contacts humains, de si bon matin. Et qui accepte une règle du jeu : qu’il n’y en ait pas et « que le meilleur gagne ! » Combien de fous rires perdus !

Pour acheter son billet, il fallait donc prendre l’entonnoir, pas la file.

L’usager a en général une espèce de phobie: ne pas passer avant « l’autre », reflet de lui-même. Comme des miroirs chacun renvoie à l’autre sa hantise de ne pas être servi avant. Passer en premier, « au moins c’est gagné », comme si les billets allaient ne plus exister, la gare s’évaporer, les vivres s’arrêter, la famine s’installer, l’état d’urgence déclaré. Alors ça scrute au milieu de l’entonnoir, ça garde son territoire, ça pousse une jambe par ci, un sac par là, un petit bras sur la taille. Ça fait de la stratégie réflexologique. Vu de l’extérieur, l’entonnoir est mobile, vivant. Il s’y mène de petites, inconscientes, batailles d’égos dans une multiplicité de systèmes de représentations.

L’entonnoir humain est terriblement intrigant. Ou plutôt était. Car force et heureux est de constater une nette évolution dans le comportement, du moins dans l’axe le plus riche du Maroc Casa-Rabat.

Nowadays (pour faire véridique), l’Office qui gère les trains, a mis des bandes orange fluo par terre montrant là où il faut attendre son tour. De même, l’ONCF a mis des filets qui séparent les guichets. Ainsi, le concept de la rangée est représenté par ceux qui ne l’avaient pas dans la tête. Une file, prend la forme d’une ligne droite. Faites de pleins de points. Chaque point équidistant de l’autre. Respectueux de la ligne qui attend son tour. Les gens heureux achetaient leur billet dans le plus grand confort jusqu’à...

philip_a_ni

Quelques mois plus tard, présentement, quand le regard cherche cette bande fluorescente orange, celle qui sera de votre côté en cas de litige, et bien on la trouve vaguement, pâle, souffreteuse, presque disparue sous les milliers de semelles qui l’ont profanée. Des tâches oranges salies par les vains pas d’ombres pressées. Reste qu’aujourd’hui, la file se tient toujours presque droite, il reste les filets entre les guichets. On est obligé d’emprunter une file. Oh bien sûr elle titube encore un peu. A encore du mal à laisser un mètre vide entre deux personnes. Mais la fin de l’entonnoir marque le début de la file. Une grande victoire dans l’histoire des comportements.

Il y a aussi, à notre grand bonheur et celui du ministère de l’Environnement et de la dépollution de l’air, une nette baisse de passagers qui se plaisent à exhiber leurs doux pieds en les exposant sur le siège en face du leur. Leurs non moins belles chaussures « à l’entrée du salon ». Une étrange et autre inexplicable pratique, fort heureusement donc, en voie de disparition (sur les petites distances, sur les grandes, on étend son corps).

Quel serait le message principal d’un étalage de pattes?

.« Je pue des pieds donc dégagez » ;

.« Mes pieds valent mieux que ton derrière » ;

.« Awlidi (mon fils-fiston), je suis fatiguée, j’ai besoin d’étendre mes pieds, débrouilles toi »

Mais passons, les anthropologues devraient y travailler pour nous donner des explications préhistoriques en 2020.

L’essentiel étant l’évolution. Il est heureux de la sentir dans les travers des chemins de gares.

(Ph.entonnoir http://leviolondingres.hautetfort.com/images/medium_entonnoir.jpg. File par philip aïni, http://www.duchoze.com/)

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mardi 27 juin

C'était y a longtemps ou alors...

Maroc-Tunisie,en direct de Casa

Commentaires d’une profane

J’ai entendu un grondement dans la rue qui a sonné les murs. Un soulèvement de voix surexcitées.

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De ma fenêtre casablancaise grande ouverte en face des voisins du quatrième étage, de toute ma rue, des fillettes se levaient et sautaient de joie. Les klaxons se mettaient à improviser l’hymne de la victoire…Mais oui bien sûr ! c’est l’alerte générale : Maroc-Tunisie c’est maintenant ! L’enjeu dépasse tout. Et l’équipe nationale vient de marquer un but, à la 7e minute de ce samedi 8 octobre vers vingt heures.

Mon cœur est tout chaud. Je me lève et tente de régler l’antenne sur le match (bug de télévision). Ouf, la RTM diffuse le match. L’enjeu est la qualification pour la coupe du monde. Et le Maroc doit gagner. Tout le Maroc est devant un petit écran. Femmes, enfant, vieux jeunes, heureux et malheureux. Ça doit y aller les commentaires nationaux et les prières des mamas. Ce match transcende la nation pour 90 minutes. J’en ai la chair de poule à le vivre seule devant ce petit écran qui grésille. D’ailleurs dit le commentateur « l’arbitre, les joueurs ont été déstabilisés » par la salve de bonheur venue des supporters marocains quand on a marqué le point.

Les Marocains sont partis en masse et les Tunisiens sont présents comme le ciel. Les gradins grondent, tremblent. Les cris de joie ici à Casa se sont mêlés à ceux de Radès.

L’air est chargé d’espoir malgré les craintes, les critiques et les déceptions.

maroc_mali.but_youssef_hadji

Et pénalty annonce l’arbitre à la dix septième minute…en faveur des Tunisiens. Ce sera sans doute le coup de grâce pour les Marocains, qui craignaient disaient-ils les méthodes tunisiennes.

La fièvre du maarif retombe, c’est le silence complet dehors. Seule une moto fébrile (sans doute une peugeot 103) passe sur la plus grande artère casablancaise : l’avenue Zerktouni. Prie mama, prie. Les fautes tunisiennes et marocaines se poursuivent. Les tribunes de Radès tambourinent très fort. Les supporters Tunisiens crient, la balle est lancée vers les bois marocains. Applaudissements. Le commentateur critique la décision de l’arbitre sur un vert (Maroc) : « Ah nullement, nullement, il n’y a pas eu faute » .

La pression est énorme à ce stade du jeu. Egalité. Hajji s’active. « Ah non, il n’y a pas eu faute », s’énerve la voix. Et refaute annoncée, faite par un blanc (Tunisie). « il y a fauuute !’, et enfin il lâche finalement : « il faut que l’arbitre mette des avertissements aux Tunisiens ! » et re salve de critiques offusquées. Quelques débitations plus tard, « les Marocains n’ont pas encore trouvé le tempo de cette rencontre » dit le commentateur de la Première chaîne nationale, 24 minutes passées.

Encore une faute. Il y a beaucoup de temps d’arrêt.

Les gradins sifflent cette fois pendant qu’on crie quelque part devant la Télé. « Le match est vendu » !

Tout le monde sortira énervé de cette rencontre, ça c’est sûr avant même le résultat du match. Le jeu n’est toujours pas lancé, tout le monde s’arrête trop. La rencontre qui déchaîne les passions a été particulièrement médiatisée. Et le jeu ressemble à un show. Temps d’arrêt début de jeu, faute. A droite, à gauche. « La défense tunisienne est forte » ; dit notre expert pendant que les blancs vont à l’offensive.

Le commentateur est énervé, sa voix le trahit :sèche, saccadée, et haute. Bref, pas des plus agréables et marrantes. Il se contente souvent de tracer les va-et-vient, sans parler trop de la tactique, des commentaires sur les joueurs.

Tentative de but tunisienne, mais bonne intervention de goal marocain. Les supporters se réveillent. Là, ils rugissent.

Mais le rythme semble énervé, pressurisé. Le suivi est difficile, enfin, l’enchaînement des évènements n’est pas la plus agréable des accroches pour la profane de foot.

Les supporters se mettent à siffler. 38e  minute : Talal Karkouri  fait une occasion en or sans suite.

Corner pour la Tunisie sans suite.

Méditel est également présente dans le carré vert. Maroc Telecom sur l’écran de temps en temps.

Gooooooooaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaallllllllllllllllllllllllll ! On a marqué un but à la 39e minute ! bravo ! 2-1 !!! les murs tremblent de joie. Le commentateur de Rabat va nous faire une extinction de voix. C’est la liesse générale. Ici, les antivols des voitures se sont déclenchés dehors (on se demande comment), les cris de joie, les tambourinages n’arrêtent pas.

Subitement, Zerktouni s’emplit de vie de klaxons, de cris, de sauts de joie. La rue applaudit. Des jeunes chantent.

« il y a une fauuuute » trépigne la voix enchantée, quelques secondes après la reprise du jeu.

maroc

A Radès, les tribunes marocaines dansent sautent nappent l’écran du drapeau rouge et vert. Zaki est concentré. Pas un sourire. Son regard trahit la tension qui l’anime. Le match n’est pas terminé. Mais c’est la fin de la première mi-temps.

« Il y a devant nous encore 45 loooongues minutes » dit essoufflé le commentateur. Il souhaite que l’équipe poursuive sereinement la rencontre de toutes les émotions.

Now, its pub time : Western Union, Atlas Blue, Hyundai, Assiri, Sidi Harazem « qui réveille votre corps et votre esprit », défilent un à un. Un dialogue téléphonique entre M. Karim et une jeune cadre  dynamique ayant fait un accident de voiture : RMA fait son show. Pour Ikamat (résidence) sidi maarouf (Casablanca), le groupe qui fait Addoha dit qu’une solution facile de logement existe.

Une voiture et un homme au cours d’un dîner aux chandelles, c’est une réclame pour auto. Et puis, oh, ca fait plaisir, une publicité ayant bercé mon enfance : Super lux ya baba ! Avec le cheval blanc qui surgit derrière les gradins d’un stade de foot : les piles Super lux ressussitent !

Ah cette fois, la cible, c’est l’estomac: « Mario aye aye aye ! » chante-t-on avec une gaieté particulière autour de sandwichs de thon.

Vous prendrez bien un café Asta ? Grâce à la Hajja, la mama. « Hajja ! Hajja ! » scandent ses jeunes hommes atour d’une tasse et d’un match télévisé…Eloquent. Ensuite, c’est re-publicité de hyunday (profane de voitures également).

Vos cheveux souffrent? Pas de soucis : head and soulders qui « kdy » 100% sur la pellicule et y a de la menthe fraîche dedans en plus ! Vous rendez-compte ?

L’estomac a toujours un petit creux ? Un peu de charcuterie : les « chhiuwat dandy » conversent, l’air heureux, deux mères de familles modernes dans leur cuisines. « chhiwat dandy » re-disent elles autour du savoureux produit avec leurs enfants dans le jardin. Tout le monde d’ailleurs a l’air heureux. Et le tout avec un « dandy dandy » chanté à tout bout de chant.

Pour digérer la charcuterie, rien de mieux qu’un bon thé. Changement de quartier. Il est plus populaire. Un comédien fait goûter un thé à la menthe, à son invité, en faisant des mimiques avec sa bouche, ses yeux, ses mains, sa tête…Le thé « souiri, al kafila, menara …» louange la voix off. Un thé pour les débiles ?

Excusez la justesse de la transmission, cela fait trop de pub en quelques minutes. C’est fini, je crois.

Ah, non, re pub, «  Siera un monde à vivre » dit la voix pendant qu’on voit les Twin center et les quartier des Casa devenir de l’électroménager.

Coca-cola est le supporter officiel de l’équipe nationale fait un show que j’ai pas eu le temps de voir, mais il y avait des enfants, dans un stade de foot.

Et Maroc Telecom ou téléphonez pas cher avec un autre show marrant fait par un comédien marrant. Marrant ça veut dire déprimant, j’entends bien.

OUF ! c’est fini ! Mais personne n’a du voir tout ca d’un trait. Du moins, espérons le. L’expérience n’est vraiment pas saine. Dans les autres chaînes, je n’ose imaginer le matraquage «débilisator».

Heureusement, la joie se fait entendre dans les rues, en filigrane de ces flashs désobligeants de choses à acheter et à avoir.

La RTM repart sur Radès. Le jeu reprend. D’un coup le bruit de la rue s’évapore. La concentration reprend. 46e minute. Les supporters scandent des hymnes. La rue est complètement silencieuse. Tout le monde est concentré. Nous n’avons pas intérêt à plier dit tout le monde (commentateur, supporters by tv, les supporters en direct, les yeux de Zaki). Ah tiens, Coca apparaît en haut sur l’écran.

Le rythme est différent. Les joueurs jouent plus ai-je l’impression. On mourrait pour ne pas lâcher les balles. Changement de joueur côté tunisien. Nooooooooooooooooooooooooooonnnnnnnnnnnnnnnnnn !!!!! Un deuxième but pour les blancs. Ils ont égalisé !! (je n’ose dire comment). J’étais partie chauffer l’eau pour faire un thé et j’entend de gros cris de la télé, mais pas de dehors. Les joueurs Blancs ont égalisé. Mais c’est horrible, horrible. Les gradins sifflent. Le silence s’empare de mon quartier. Tout le monde va se coucher. Et depuis, tout penauds, on essaie de faire passer ce dimanche. On y était presque.

Khaaaaaaaa, quel dommage, quel dommage.

(Ph.couple http://www.2m.tv/images/acc-can-maroc-fans100105.jpg)

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vendredi 23 juin

Petite fille

hangzhou_petitefillePetite fille, que d'adultes t'adulent dans ta solidue éternelle.

Petite fille, que d'amour et d'attention que tu n'imaginerais pas une vie dénuée d'eux.

Petite fille, quand tu souriras à nos enfants qui parleront ta langue.

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Encre de Chine

femme_th_Etourdissant. Etrange. Saisissant. La Chine m’a prise au dépourvu. Ce voyage est indélébile dans son tout. Voguer dans cette myriade de choses dérangeantes, déboussolantes rend dérisoire. L’inconnu, infiniment grand et petit, vous tend ses bras.

Cette Chine m’a accueillie. Chaleureusement étourdie. Transcendée. Elle, garde ses secrets. Ses habitants : des chatons craintifs et hyper intelligents. Un pluriel d’intelligence que l’aveugle de ces lignes ne peut déchiffrer.

Les voûtes de lecture sont endommagées.

Et les jours irisés de souvenirs verdoyants. La Muraille. Le Pont. Les champs de thé. Le lac de l’Ouest.

Une semaine après le retour, pas de braise éteinte. La Chine consume mes pensées, tétanise mes neurones. Si elle ne m’a appelée, je la chercherais encore.

Je vis, depuis, en décalage. Et en mode bien-être automatique. Sans pouvoir trop savoir pourquoi.

La semaine est passée sans m’en rendre compte. Peu importe où je suis, mon sourire contenu cache des dizaines de magiques moments, ceux là où ces Chines m’ont ouvert quelques brèches.

lacouest1Ceux-là où j’ai compris que je n’avais rien compris. Ceux là où l’on a envie de rester à cet endroit toute sa vie, comme à Suzhou, sur les ponts de la Venise de l’Orient. Un petit café où nous étions les seuls touristes, nous offre ses services et autres douces déroutes. Le soleil, le fleuve, les pagodes, les canots de propreté, la quiétude, le silence de l’effervescence des sens. La pudeur. Le bien-être.

Les fiancés endimanchés s’y immortalisent. Des passants s’arrêtent pour nous voir, scruter comment on mange, on boit. Rigoler, ou sourire même. Ce papa nous montre à son fils. Le petit tend les bras et sourit.

« Combien de temps pour nous connaître ? ». J’y passerais bien une vie !

Ou encore sur les pas millénaires des empereurs. Ou alors sous une pagode, dans le vieux (millénaire) Shanghaï. Là où les retraités se regroupent pour pousser la chansonnette. Une retraitée s’avance, sourire rayonnant. Tend ses bras et m’y loge, un infime instant. Dans les bras de cette grand-mère chinoise. Etait-ce le soleil qui tapait trop fort ? Ou l’évanescence de la pluie tropicale ? Deux secondes gravées. Je sens ses bras généreux m’enlacer.

Elle sourit. Je souris.

Une des plus belles rencontres silencieuses. Et ce bébé choyé par sa mère et sa grand-mère. J’en ai encore plein les joues de cette bave innocente.

Voir autant de bouts de choux vous donne envie d’avoir un bébé. Ils sont beaux, entourés des parents, des grand-mamans, des tantes et oncles. Ils sont seuls aussi.

Il est d’ailleurs rare de voir des groupes de jeunes se déployer dans les rues comme chez nous. Le soir venu, on les voit se déhancher maladroitement sur le tempo des tubes mondialisés. Ils sont en groupe, et se bourrent le crâne d’alcools et de nouveaux modes de vie. Leurs parents ne faisaient pas cela. Les nôtres (au Maroc) disent qu’ils ne faisaient pas comme nous. Mais en réalité, impossible d’y avoir échappé ne serait-ce que symboliquement. Les photos des parents jeunes, réceptions, mini jupes, sont encore là pour trahir l’image des «vieux» Marocains qui veulent donner l’exemple. En Chine le fossé entre jeunes et  «vieux» (la vieillesse étant un concept temporel limité dans son sens) est décapant.

A Suzhou, un petit centre pour massages traditionnels nous ouvre ses portes. J’ai droit à un vieux masseur aveugle. Une magique rencontre. Il a désactivé des poids insoupçonnés. Il connaît « Mo’oo’go » (prononciation chinoise de Morocco), par le foot, fit-il en mimant le sport. J’ai fait la position du petit chat en boule. Il a les mains qui portent mille ans de savoir. Et le cœur qui parle tout seul.  Il m’a transmis sa générosité et son humilité. Bien-être, après pendant tout le séjour et aujourd’hui encore. Un calme profond, serein, en harmonie.

jardin

Après cette rencontre, le regard commençait déjà à se transformer en une boule de feu d’interrogations, de dessins gommés, de vide, de désir de comprendre, mais d’impuissance aussi.

La solitude est abordée différemment, plus sereinement. Elle est aussi plus profonde.

Et voilà, les souvenirs me reprennent encore. Me bercent en ce dimanche midi. Ce sourire contenu me fait retransporter. Là-bas. A Nanjing. A Suzhou. A la Cité interdite. Dans le vieux Shanghaï. Dans les bras de cette grand-mère. Au milieu de cette inconnue. Au creux de la foule organisée respectueuse, silencieuse et sereine aussi. Nos cris de Marocains résonnent alors encore plus forts, comme ceux de primates, comme une intrusion, un sacrilège d’une inconnue règle définie dans l’air.

Le silence s’écoute en Chine.

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mercredi 21 juin

Johnnie et les autres

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Hang on to your music!

Vivaldi ou Daoudi, peu importe. Nous aurions pu les honorer dignement. Un prétexte de plus pour libérer, communier, refaire la paix.leonard_cohen___songs_of_love_and_hate_front

Les jeunes s'initient aux clé de ut et de sol, et malaxent un peu tout ce qui passe sous la main, en quête de repères. ça crée et ça tourbillonne. c'est très positif. Reste que bien des "jeunes prometteurs" vieillissent de leurs "potentialités". Le label Maroc est le plus discrédité par les siens.

A Paris (sur un petit cheval gris gris gris), j'y mettais les pieds deux jours une nuit il y a deux ans. Une journée de travail pleine et le lendemain retour au bercail. La nuit passée dans un asceptisé hôtel était celle du 21 juin. Je n'ai pas pu ne pas fêter la musique. Je n'ai pu m'empêcher de sortir chercher ce que j'écoute depuis ma chambre, et puis suivre le flot des scènes qui paraient les quartiers. Donc: déambuler dans les rues de Paris. Quel plaisir! Seule, portée par des notes, des choses qu'on ne voit,ne sent, ne touche, ne goûte, si et seulement si on l'entend. Hang on to your music.

ninassonsMais allons donc! Chez nous, "ça bouge pas mal"! L'Boulevard, festival sur festival... "c'est Génial!!!", oui ca l'est, vraiment. La cité (quelques unes) sort. Se retrouve. Se redonne des gage de bien-être et de paix communautaires. Cela est capital en réalité. Vivre en harmonie.

Mais dans la musique, il n'y a pas que cela. Il y a la création. Il y a ce qu'elle dit de vous dans ses tempos et ses paroles...

Pourquoi alors je n'entend pas la musique comme je le voudrais? Pourquoi l'écoute est différente d'un lieu à l'autre? Entre le goût et la connaissance il y a certes un gouffre.

Elles sont où  les files devant le magasin qui vend le dernier Daoudi? Pourquoi Nass El Ghiwane n'ont pas le traitement des Rolling Stones? Ah, pardon j'oubliais...Sofia, Hoda,  elles se mettent en affiche. C'est "cooolen!" n'est ce pas? "Trop top!". Mouais. Bof. Hang on to your artists.

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lundi 29 mai

L'aérogare

L’aérogare est un trou noir. Il happe les destinations et les desseins.

Dans le café de celui de Casablanca, où les passagers s’abreuvent de temps et de boissons, un bourdonnement m’assomme. Et m’apaise. Une sérénité s’éprend de moi dans les couloirs du temps. Les touristes font une longue queue inextinguible devant le comptoir du café. Et moi je me prélasse, bronze presque dans l’attente. Un avion pour Bruxelles en retard, et la promesse de Vienne qui s’éloigne.

L’entrevue des mondes multiples dans un espace confiné me réjouit. Ça vient et ça repart. On rigole gras chez ce groupe de canadiens « entouristés ». Venus en meute, ces quatre couples font la joyeuse colo de vacances, le Maroc sur leur dos et au fond de leurs iris. L’une des touristes est vêtue d’une belle gandoura turquoise, dont les arabesques simples pour une marocaine de base, rehaussent ces traits rose bonbon. Et lui donne un air raffiné malgré que décalé.

L’aérogare grouille, et donne la symphonie des vies : le café corsé serré où léger chante une mélodie sous la pression des machines.

trounoir

Un hôte vient s’attabler près de moi : sandwich et agenda électronique. En face, un digne représentant de mes charmants compatriotes me scrute et me scanne. C’est un droit que se confèrent allègrement mes congénères pour « montrer » leur supériorité à la féminité à la marocaine. J’ai bien les traits marocains, mais l’attitude hybride, bâtarde, sans doute conjuguée à un trop plein d’assurance pour une marocaine. Donc je perturbe, les carrés dessinés dans la tête de ce digne moustachu. Il s’arroge le droit de me fixer encore plus bizarrement : un bipède de sexe féminin, red bull, clope et ordinateur…c’est bizarre, c’est louche même.

Dans cette douce matrice de l’aérogare, le flot de paroles édulcorées ne tarit pas. Il décongestionne les mâchoires. Elles envahissent mes pensées. L’aérogare de Casablanca n’a rien d’extraordinaire : les mondes sont multiples mais les oripeaux bien conventionnés. Ce dimanche en tout cas, point de fantaisie. Au plus un jeune aux cheveux pseudo rastas déguste son cola et sa revue. Rien à comparer à l’intersection de l’aéroport de Doha : où les talibans donnent le la au GI’s américains.

Ici, les langues s’entrechoquent, s’entremêlent, se tutoient, se charrient et se font belles : anglais et canaziens, arabes et néerlandais. Chez ces porteurs de mots que l’on sait ingrats se loge l’universel de l’homme.

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Mon voisin déguste un thé à la menthe. Un « attaye » en marocain.

Le thé à la menthe est un délicieux nectar. Mais il est

assimilé au sous développement (l’odeur disent-ils) chez quelques uns de mes congénères : un dirigeant de presse et quelques gérants de restaurants « d’avant-garde » casablancais. Allez savoir pourquoi. Peut-être parce que ce sont les ouvriers qui en sont les plus grands promoteurs avec leur sacré et incompressible thé, pain et olives noires : le met du pauvre, le met du soumis, le plat du peuple.

Proscrire le thé à la menthe ou lui donner une connotation de sous-développé est un complexe de bougnoule que les étrangers épris du Maroc, encore plus les Marocains comprennent mal.

Dans l’avion pour Vienne, l’air aseptisé me fait planer.A l’arrivée de la ville de Mozart, je suis accueillie par un bonhomme à la corpulence d’un bûcheron et aux mots extrêmement xanthochromiques. Je me suis retrouvée en porte-à-faux avec cet accueil discriminant. Et Vienne, son Danube by night, ces syriens avec qui l’on a dîné, cet amie potentielle arrachée par le hasard des collisions de conscience…Aujourd’hui, de retour à la patrie, toujours dans les couloirs du temps je redoute le retour à la normale, au routinier, à l’identifiable, au « bien penser », « bien manger », « bien habiller » et tout le matériel qui accompagne la déroute de ces valeurs perdues à jamais dans le sillages de nos ancêtres. Je redoute aussi tout ce qui scrute l’autre, ce qui suit le privé de l’individu qui n’a que louchement sa place dans l’organisation sociale, habituée à juger, travailler et forniquer en meute, en passant par les voies orales et les histoires qui s’y dessinent avec, qu’elles soient vraies, ou non.

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dimanche 28 mai

Quatre étoiles

Malgré tout, j'ai la sensation que l'ouverture du Maroc s'accompagne d'une dépréciation de son image, alors qu'il peut aspirer à beaucoup beaucoup beaucoup plus qu'il ne le croit. Prenons le tourisme: faire du chiffre pour 2010, c'est possible. La machine est en plein régime. Objectif: 10 millions de touristes! C'est génial! "Trop top!"? Mouais. Bof. Avec tous mes respects pour mon pays et ses hôtes, cela dépend des touristes ciblés. Si c'est celui qui va venir dépenser trois sous avec tout le "matos" derrière son dos. Ok, il est le bienvenu, d'une manière ou d'une autre il sera happé par la magie du Maroc. Mais et après? Mon bazariste, moi, il fait quoi? Mes employés, comment ils évoluent? Et puis le service? Hang on to your Morocco

Ah oui, pendant que j'y suis...combien d'hôtels au Maroc méritent les étoiles qu'ils portent? Très spéciale dédicace à l'hôtel Rif, un digne 4 étoiles, -comme le serait un "digne moustachu"!-où j'y étais pour le Siagrim. Clients allergiques et sensibles, s'abstenir. Des toilettes dignes de celle de l'Internat d'un autre (non moins digne) établissement public. Un petit frigo rouillé de partout, débranché pour vous accueillir. On voit encore les clous et les crayons à papiers qui ont façonné la douteuse cloison et porte. le service: Sans commentaires. De simples gens de bonne foi feraient mieux. Hang on to your client.

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vendredi 19 mai

Clandestino

Il sera toujours d’actu, Clandestino, ce harrag. En espagnol, en marocain, le clandestin veut s’en aller très loin de chez lui. L’on sait aujourd’hui la voie qu’il choisi, emprunte de tortures. Des pays d’Afrique y compris le Maroc, le clandestin répond à l’appel des cousins de là-bas, « où l’ont vit mieux ». Ou bien il fuit un désastre humanitaire. Clandestino n’a pas de visage : on ne sait pas tout à fait combien, leur répartition par origine, les raisons. Mais il n’est plus possible de l’éluder car il se fait massif.

leclandestin

C’est bien joli quand tout le monde s’accorde à dire qu’il faut travailler ensemble et en faisant des propositions irrecevables (des centres de détention au Maroc). Mais un drame surgit et l’on cherche d’abord à qui la faute en faisant monter la tension. L’Afrique fait une grande hémorragie, et plus rien ne l’arrête. Son sang se déverse sur les deux rives.

Telle sont les conséquences d’un déséquilibre profond entre les pays les plus pauvres et politiquement précaires et un monde dont le minimum est un rêve pour notre Clandestino. Car celui-ci veut tout tout de suite. Il veut tenter sa chance, puisqu’un monde meilleur est possible ailleurs, et cela sans affronter la phase historique de son pays.

La mondialisation a un visage, il est humain. Elle n’est pas qu’économie. Il faut l’assumer. Ce flux de départs vers le Nord…et vers l’Asie ! est inépuisable, qu’on se le dise tout de suite. Jusqu’à présent la mondialisation laisse toujours à la traîne les pays d’Afrique. Et bien, si la mondialisation ne vient pas chez nous, déplaçons-nous vers elle! Inévitable. Monde unipolaire qui phagocyte tout, oblige. Mais y a du move, du groove dans l'air asiatique.

Le système des préférences de l’Organisation Mondiale du Commerce a desservi ces pays déjà déchirés par les guerres tribales et les coups d’Etat. D’ailleurs à l’OMC on bloque. La question des subventions agricoles des pays développés n’a pas avancé. La régulation du libéralisme unipolaire est nécessaire. Et attention...mesdames et messieurs, la Chchchine est déjà là à jouer le jeu mais avec ses règles. Alors que ceux qui traînent s'accrochent, ca va barbeler dur!

Les concessions faites sont bien trop petites pour laisser l’Afrique respirer et exiger en retour le respect des droits de l’homme. Le chemin est long, mais y en a-t-il d’autres ? Car pour l’instant, la mondialisation est plutôt partielle. Quant au Maroc, il a lui aussi encore du chemin à faire pour avoir la confiance de Clandestino et de ses pairs.

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mercredi 10 mai

Bubble

"Les gestes répétitifs du travail sur la chaîne d'assemblage des  poupées, confrontent du matin au soir les ouvriers à des visages de caoutchouc.
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A la cantine, les bouches enfournent les éternels hamburgers agrémentés de
chips entre deux bribes de conversations qui s'étiolent.

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Les personnages sont murés dans un ennui qu'ils ne peuvent reconnaître comme tel parcequ'il est devenu l'élément constitutif, solidifiant, non seulement de leurs vies mais de l'ensemble du corps social. L'existence n'a pas plus de perspective sinon celle de l'opérationnalité sans joie des agents économiques et la conscience est si limitée dans ses fins qu'elle s'est atrophiée. Les biens manufacturés sont encore le produit des hommes mais ils ont acquis sur eux, en silence, une suprématie qui peu à peu a rongé les marges de l'être et dégradé les individus au rang d'accessoires impersonnels et jetables"

Didier Péron
Libé, 10 mai 2005

bubble2

Bubble, film alternatif américain du réalisateur de Steven Soderbergh
(ocean's 11&12)

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dimanche 30 avril

Rêver le Maroc

En 2030, le Maroc est vert, vert de forêt, avec oiseaux, flore et fauve des feuilles d’automne, qui couvrent aires de jeux, fontaines, sculptures et des surprises offerts par un espace travaillé et vécu par des habitants épanouis et assumés, au beau milieu de métropoles imposantes s’accommodant des petites colères de la nature.

Pour avoir ce vert naïf et vif, il faut être ce peintre dont les vingt doigts sont des univers de savoir-faires : une ondée de sculpture, un brin de logistique, tacheté d’électronique, un torrent de génie, et des montagnes de respect à la nature, de liberté. Mélangez. Jouez.

maroc_nt1La vie, en 2030, donne le tourbillon de la communauté, l’envie de l’imaginer, l’installer,l’embellir, d’avoir envie de la jouer et ne plus se cacher, car l’esprit du peintre s’épanouit. La terre est verte comme un hasard (merci Eluard).

En 2030, le feuillage épanouira les villes, et rafraîchira en été, petites têtes et têtes cramées.

Dans ces labyrinthes verdoyants, les lumières brillent le soir, et les orangers lâchent le cœur de ses bourgeons au travers de ces monuments qui font la ville, conçus au début du siècle, début de la Révolution intellectuelle. L’encens n’est pas loin. Qu’elle est sereine, ma ville pourtant si grande. Des fois, je descends à pied faire un tour du côté de Bab Boujloud et m’installer au café des artistes, écouter les proses et les idées fuser d’une taverne de lin. J’aime bien me balader, au coucher du soleil, dans ma ville. Cela, grâce aux élus locaux à travers les générations. Tiens cette année, je voterais Fttoma More, je l’aime bien elle a son utopie et elle est sacrée politicienne de l’année surtout !

En trente ans, tous ont bataillé pour garder, restaurer, l’empreinte séculaire de cet endroit : ses remparts, ses collines, ses oliviers, ses amandiers, et ses sentiers mais sans ses ânes. Je ne peux que le dévaler ce chemin qui plus est sans rencontrer de gredins.

Quelle allure aussi ses si vieux ryads. Les fantômes d’un lointain mode de vie y vivent pour l’éternité. Derrière le moucharabié d’une minuscule fenêtre fusaient destins de femmes, de maris, tantes et oncles, brus et enfants et arrières petits enfants, un concentré d’amour et de haine, de rires et de cris, de tabous et de maîtresses, mais le tout, dans la sacralité de la famille, dans la peur du père, et le respect sacré des grands-parents. mamaC’était il y a longtemps ou alors seulement dans le fantasme de l’occident. Je ne m’en souviens plus.

Aujourd’hui, ce premier lundi de l’année 2030, il fait froid, dehors. Mais qu’importe, les jeunes sont de sortie : Nino simone, petit fils de Nina, le King du bluezzy fait sa tournée au Maroc : Rabat, Aït Melloul, Fès, Nador (Les Rocains l’appellent Las Vegas : c’est une ville née du désert humain, il y a beaucoup de soustraiteurs qui font tout faire par des machines, à sous, à construire, à bétonner, à créer un parc artificiel et des stations de vacances, c’est vrai que l’air est si bon !).

Nino avait rencontré lighthe’Rock, qui est la compagnie artistique menée par les frères Dirika. Ils sillonnent le monde pour trouver les génies où qu’ils soient. Nino ne pouvait tenir le talent que de sa grand-mère, la défunte Nina simone qu’on croyait partie malheureuse mais qui continue de semer le génie dans sa descendance.

Depuis son succès planétaire, Nino revient chaque année au Maroc, son pays qu’il dit. Ephémère effigie qu’elle avait dit Nina (F.M.R.F.I.J avait écrit Prévert), alors que sa voix continue de porter les mélancolies à travers les décennies.

Ce lundi, je reprendrais mon dossier à midi, il faut que je cuisine le déjeûner. D’abord une réunion briefing avec l’équipe : aujourd’hui, c’est Dan qui a la clé des responsabilités. Donc j’execute.

« Alors il fait chaud à Israêl ? Oh Oui, répond Dan,

-Pas aussi chaud qu’en Palestine commente Omar en ricanant…

horizon

-Bah au pire, on aura droit à six mois du programme des Peuples unis, la plus puissante instance internationale, dont le vote aux autres institutions internationales est capital, de récupération intensive d’oxygène (flambée de l’or bleue, économies nationales d’eau, une semaine par mois de byciclette dans les centres villes, nuages articificiels…etc), fais-je nonchalemment.

Je choque. Les écrans qui nous relient grésillent : « quelle inconscience ! », tonnent Dan et Omar.

Oui c’est vrai qu’il ne faut plus trop s’amuser avec ces choses-là. La nature est si souffrante, elle entame à peine sa convalescence, les arbres sont sacrés, surtout en ces périodes de fêtes.

Gingle Bells !

Posté par moonlightsonata à 10:33 - Commentaires [0] - Permalien [#]