Tribulations du Maroc

tribulations,déroutes, des rouges et des pas vertes, F.M.R.F.I.J... André si tu nous regardes.

mercredi 26 juillet

foi loi roi

foi, intime conviction de l’acte

loi, raison, tourner l’instinct de survie

roi bohême commande tout et  foi et loi 

Scherzo et allegro, éclate, explose

vaine course du temps

vaine justice de l’homme

et la veine avide, de l’animal désenchanté

roi c’est le cœur

foudroie raison et conviction

il se bat

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dimanche 23 juillet

Les premiers ânes

aneJacques Prévert, contes pour enfants pas sages

Autrefois, les ânes étaient tout à fait sauvages, c’est-à-dire qu'ils mangeaient quand ils avaient faim, qu'ils buvaient quand ils avaient soif et qu'ils couraient dans l'herbe quand ça leur faisait plaisir.

Quelquefois, un lion venait manger un âne, alors tous les autres ânes se sauvaient en criant comme des ânes, mais le lendemain ils n'y pensaient plus et recommençaient à braire, à boire, à manger, à courir, à dormir... En somme, sauf les jours où le lion venait, tout marchait assez bien.

Un jour, les rois de la création (c'est comme ça que les hommes aiment à s’appeler entre eux) arrivèrent dans le pays des ânes, et les ânes très contents de voir du nouveau monde galopèrent à la rencontre des hommes.

Les ânes (ils parlent en galopant): "Ce sont de drôles d'animaux blêmes, ils marchent à deux pattes, leurs oreilles sont très petites, ils ne sont pas beaux mais il faut tout de même leur faire une petite réception... c’est la moindre des choses ... "

Et les ânes font les drôles ils se roulent dans l'herbe en agitant les pattes, ils chantent la chanson des ânes et puis, histoire de rire, ils poussent les hommes pour les faire un tout petit peu tomber par terre; mais l'homme n'aime pas beaucoup la plaisanterie quand ce n'est pas lui qui plaisante et. il n'y a pas cinq minutes que les rois de la création sont dans le pays des ânes que tous les ânes sont ficelés comme des saucissons.genealogy

Tous, sauf le plus jeune, le plus tendre, celui-là mis à mort et rôti à la broche avec autour de lui les hommes le couteau à la main. L’âne cuit à point, les hommes commencent 'à manger et font une grimace de mauvaise humeur puis jettent leur couteau par terre.

L'un des hommes (il parle tout seul): "Ça ne vaut pas le boeuf, ça ne vaut pas le boeuf! "

Un autre : "Ce n'est pas bon, j'aime mieux le mouton!"

Un autre : "Oh que c'est mauvais (il pleure)."

Et les ânes captifs voyant pleurer l'homme pensent que c'est le remords qui lui tire les larmes.

On va nous laisser partir, pensent les ânes mais les hommes se lèvent et parlent tous ensemble en faisant de grands gestes.

Choeur des hommes : "Ces animaux ne sont pas bons a manger leurs cris sont désagréables, leurs oreilles ridiculement longues, ils sont sûrement stupides et ne savent ni lire, ni compter, nous les appellerons des ânes parce que tel est notre bon plaisir et ils porteront nos paquets. "C'est nous qui sommes les rois, en avant!" Et les hommes emmenèrent les ânes.

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lundi 17 juillet

Quel monde pourri.

libanwww.e-torpedo.net

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mercredi 12 juillet

Errare humanum est, perseverare diabolicum

20041220_erreur_pt_lattesIl était une fois un passionné des ports, pour ne pas dire un habité, un illuminé, un fou de la vie maritime. Ce  chercheur a trouvé des documents originaux de 1920 chez…un marchand de pépites, par hasard ! Ils retracent une partie de la conception du port de Casablanca. Pauvre histoire contemporaine livrée à une féroce et cruelle mémoire. Et il en coûte. Il vous en coûte dans votre soi, votre identité, votre développement.

L'autre "étrangeté", comme le dit avec pudeur ce maestro portuaire, le port de plaisance de Témara (10 millions de dollars): n'a jamais fonctionné parce que la nature a fait qu'aucun bateau ne puisse traverser une longue barrière rocheuse. Sur une photo aériennen cela se voit comme un nez au milieu de la figure. Il a pourtant été construit ! Le tempo donne 1994.

Le port d'Asilah (20 millions de dollars) siège sur les vestiges du port construit par les Espagnols, alors ensablé puis démoli. Les mêmes causes produisent les mêmes effets: le nouveau port construit par les Marocains a été ensablé aussi. Il ne sera jamais inauguré. Nous sommes en 1986.

Autre lieu, autre temps, même symptômes :

Les journaux de la première moitié du siècle jonchent froissés, jaunis, le parterre poussiéreux de la Bibliothèque Nationale de Rabat. Le calendrier affiche 2005.

D'autres erreurs non reconnues, à peine murmurées, hantent le présent, habitent déjà l'avenir. La responsabilité est collective et individuelle. Si « le passé est le passé », personne n’a le droit de le bafouer en le méprisant.

Mais de cela, que dit le droit ?

Pour ces affronts à sa propre histoire, la vision manque cruellement au présent. Pour le futur, construire veut dire sauver son histoire, quelle qu’elle soit. On ne construit pas sur des trous noirs, ça fait des trous dans les caisses et dans les têtes. Le coup est fatal.

(Affiche:http://collectiftramway.free.fr/actu/20041220-erreur-pt-lattes.jpg)

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jeudi 06 juillet

Poros & Pénia

la_nuit_alberto_molina

Ce dimanche, Candy ouvre des yeux de petite fille dans un corps de géant et dans un lit bien trop grand. Le pyjama est flottant. Ses paupières contiennent mal son réveil. Chocolat au lait ou chocolat au lait ? Aucun des deux. Son souffle n’est plus celui des bébés.

Elle met une seconde à réaliser : petite fille elle est prisonnière. Papa ne vient pas. Maman n’est pas là. Ton p’tit dèj du matin ne sera pas. Elle reste là, figée sur son lit, la conscience et l’absence en mêlée.

Que s’est-il passé entre temps ?

Grand-maman ne l’emmène plus en médina. Papy ne lui apprend plus la prière. Tati ne demande plus son dernier pas de danse. Mme Barosa ne lui donne plus des cours de piano. Et elle ne court plus dans un champ de blé à rire juste de pouvoir courir ; vers des bras géants qui finiront par la rattraper si un épi s’en mêlait.

pipe_magritte

Candy n’est plus dans un océan de communion. Elle est reine des otages. Les ombres qu’elle avait vues sur la paroi de la caverne lui montraient un monde arc-en-ciel, insouciant, amoureux, aventureux, festif. Ce n’était là que le libre-arbitre de pauvres hommes enchaînés. Elle a jugé les images pour la réalité. Et même s’il arrivait que l’un de ces humains soit libéré ; il choisit de rester dans sa vie, écroué, car elle est réelle pour lui.

Quant à l’amour, et bien, c’est seulement parce que Zeus a décidé de couper en deux les androgynes (avec une tête à deux visages[1], quatre bras, huits jambes), pour les punir d’avoir voulu escalader le ciel, qu’aujourd’hui, on cherche notre «moitié», errants, hagards. Très terre-à-terre Zeus…restons-le.

Pourquoi ce dimanche ci, ce matin là devait-elle mettre des mots à terre? Que vient faire Platon dans ces ondes dominicales?

Candy se retrouve le cas pratique de vieilles envolées de profs de philo. Ce matin elle se voit pousser de longues et pesantes moustaches sur son visage de petite fille…Elle sent le dru de ces bouts de poils qui disent qu’on est un homme adulte, c'est-à-dire mature et majeur…

Elle devient adulte, comme ces miteux et mythiques professeurs ! Elle n’a pas le cafard, elle le devient. Brave petite bête. Gregor Samsa (Kafka) aura finalement trouvé la sérénité dans la peau d’un insecte mais aussi le désamour des siens parce qu’il ne sert plus à rien. Et si c’était cela le moins pire dans le meilleur des mondes possibles ? Se « blatteriser » ?

La petite fille gigote dans les tavernes de Candy. Elle est fébrile. Commence à poindre une fièvre. Rien de mieux qu’une douche pour chasser ces tumultes. Se dirigeant vers la salle de bain, elle sent ses membres engourdis, ankylosés, et trop lourds pour être portés. Elle se sent très légère et statique à la fois. Les hauteurs de la maison lui paraissent disproportionnées : le patio a doublé de largeur, la poignée de la salle de bain est trop basse. Elle parvient à entrer dans la douche. Pcchhhh, enfin l’eau tiède perle sur son visage. Elle ferme les yeux très forts, ouvre légèrement la bouche pour mieux sentir filer l’eau savoureuse, chaleureuse. Mais Platon ne lâche pas son affaire. L’eau continue de creuser les limons.

L’amour auquel elle a goûté, et l’industriel de ses jours d’adulte la rendent philosophe et chèvre ; entre ignorance et savoir, à mi-chemin. Comme la nature démentielle de l’Amour, fils de l’Abondance (Poros) et de la Pauvreté (Pénia). Et comme au Banquet où ils nous parlaient il y a bien longtemps, d’amour comme désir de l’absolu, Candy se demande où est le vrai dans ce qu’elle voit.

Il y a de ces maladies que l’on n’attrape qu’une seule fois dans sa vie. Candy n’était plus une ce dimanche matin. L’adulte regardait la petite fille, confuse. De toutes les poupées passées entre ses mains, aucune n’était adulte.

[1] http://www.cyberphilo.com/textes/androgynes.html


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mercredi 05 juillet

heeeey

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samedi 01 juillet

Nietzscherie

ballet

" La croyance que rien ne change provient soit d'une mauvaise vue, soit d'une mauvaise foi. La première se corrige, la deuxième se combat. Quel argument ? demandez vous : simplement le goût de l'existence à critiquer, la dure joie des vérités à desceller et la nécessité impérieuse du monde à repeindre.
Si vous ne pouvez être des saints de la connaissance, soyez en au moins les guerriers ."

F.N

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vendredi 30 juin

L'entonnoir

La gare, le train, sont de palpitants lieux de vie en communauté. Il y a depuis quelques temps des signaux d’évolution et d’autres d’une insolente et inexplicable persistance.

entonnoir1

Aux débuts de mon expérience ferroviaire, il fallait se lever tôt pour ne pas se faire critiquer par la foule devant les guichets. Notez, SVP, la forme en entonnoir à laquelle tenait (tient) l’acheteur d’un billet de train moyen. Le bout de l’entonnoir étant la cible à atteindre : le guichetier. Celui qui a le sézame de vous faire passer en premier, au prix d’une bousculade de la joyeuse foule pas gênée pour deux sous de tant de contacts humains, de si bon matin. Et qui accepte une règle du jeu : qu’il n’y en ait pas et « que le meilleur gagne ! » Combien de fous rires perdus !

Pour acheter son billet, il fallait donc prendre l’entonnoir, pas la file.

L’usager a en général une espèce de phobie: ne pas passer avant « l’autre », reflet de lui-même. Comme des miroirs chacun renvoie à l’autre sa hantise de ne pas être servi avant. Passer en premier, « au moins c’est gagné », comme si les billets allaient ne plus exister, la gare s’évaporer, les vivres s’arrêter, la famine s’installer, l’état d’urgence déclaré. Alors ça scrute au milieu de l’entonnoir, ça garde son territoire, ça pousse une jambe par ci, un sac par là, un petit bras sur la taille. Ça fait de la stratégie réflexologique. Vu de l’extérieur, l’entonnoir est mobile, vivant. Il s’y mène de petites, inconscientes, batailles d’égos dans une multiplicité de systèmes de représentations.

L’entonnoir humain est terriblement intrigant. Ou plutôt était. Car force et heureux est de constater une nette évolution dans le comportement, du moins dans l’axe le plus riche du Maroc Casa-Rabat.

Nowadays (pour faire véridique), l’Office qui gère les trains, a mis des bandes orange fluo par terre montrant là où il faut attendre son tour. De même, l’ONCF a mis des filets qui séparent les guichets. Ainsi, le concept de la rangée est représenté par ceux qui ne l’avaient pas dans la tête. Une file, prend la forme d’une ligne droite. Faites de pleins de points. Chaque point équidistant de l’autre. Respectueux de la ligne qui attend son tour. Les gens heureux achetaient leur billet dans le plus grand confort jusqu’à...

philip_a_ni

Quelques mois plus tard, présentement, quand le regard cherche cette bande fluorescente orange, celle qui sera de votre côté en cas de litige, et bien on la trouve vaguement, pâle, souffreteuse, presque disparue sous les milliers de semelles qui l’ont profanée. Des tâches oranges salies par les vains pas d’ombres pressées. Reste qu’aujourd’hui, la file se tient toujours presque droite, il reste les filets entre les guichets. On est obligé d’emprunter une file. Oh bien sûr elle titube encore un peu. A encore du mal à laisser un mètre vide entre deux personnes. Mais la fin de l’entonnoir marque le début de la file. Une grande victoire dans l’histoire des comportements.

Il y a aussi, à notre grand bonheur et celui du ministère de l’Environnement et de la dépollution de l’air, une nette baisse de passagers qui se plaisent à exhiber leurs doux pieds en les exposant sur le siège en face du leur. Leurs non moins belles chaussures « à l’entrée du salon ». Une étrange et autre inexplicable pratique, fort heureusement donc, en voie de disparition (sur les petites distances, sur les grandes, on étend son corps).

Quel serait le message principal d’un étalage de pattes?

.« Je pue des pieds donc dégagez » ;

.« Mes pieds valent mieux que ton derrière » ;

.« Awlidi (mon fils-fiston), je suis fatiguée, j’ai besoin d’étendre mes pieds, débrouilles toi »

Mais passons, les anthropologues devraient y travailler pour nous donner des explications préhistoriques en 2020.

L’essentiel étant l’évolution. Il est heureux de la sentir dans les travers des chemins de gares.

(Ph.entonnoir http://leviolondingres.hautetfort.com/images/medium_entonnoir.jpg. File par philip aïni, http://www.duchoze.com/)

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mardi 27 juin

C'était y a longtemps ou alors...

Maroc-Tunisie,en direct de Casa

Commentaires d’une profane

J’ai entendu un grondement dans la rue qui a sonné les murs. Un soulèvement de voix surexcitées.

supp_maroc_jun

De ma fenêtre casablancaise grande ouverte en face des voisins du quatrième étage, de toute ma rue, des fillettes se levaient et sautaient de joie. Les klaxons se mettaient à improviser l’hymne de la victoire…Mais oui bien sûr ! c’est l’alerte générale : Maroc-Tunisie c’est maintenant ! L’enjeu dépasse tout. Et l’équipe nationale vient de marquer un but, à la 7e minute de ce samedi 8 octobre vers vingt heures.

Mon cœur est tout chaud. Je me lève et tente de régler l’antenne sur le match (bug de télévision). Ouf, la RTM diffuse le match. L’enjeu est la qualification pour la coupe du monde. Et le Maroc doit gagner. Tout le Maroc est devant un petit écran. Femmes, enfant, vieux jeunes, heureux et malheureux. Ça doit y aller les commentaires nationaux et les prières des mamas. Ce match transcende la nation pour 90 minutes. J’en ai la chair de poule à le vivre seule devant ce petit écran qui grésille. D’ailleurs dit le commentateur « l’arbitre, les joueurs ont été déstabilisés » par la salve de bonheur venue des supporters marocains quand on a marqué le point.

Les Marocains sont partis en masse et les Tunisiens sont présents comme le ciel. Les gradins grondent, tremblent. Les cris de joie ici à Casa se sont mêlés à ceux de Radès.

L’air est chargé d’espoir malgré les craintes, les critiques et les déceptions.

maroc_mali.but_youssef_hadji

Et pénalty annonce l’arbitre à la dix septième minute…en faveur des Tunisiens. Ce sera sans doute le coup de grâce pour les Marocains, qui craignaient disaient-ils les méthodes tunisiennes.

La fièvre du maarif retombe, c’est le silence complet dehors. Seule une moto fébrile (sans doute une peugeot 103) passe sur la plus grande artère casablancaise : l’avenue Zerktouni. Prie mama, prie. Les fautes tunisiennes et marocaines se poursuivent. Les tribunes de Radès tambourinent très fort. Les supporters Tunisiens crient, la balle est lancée vers les bois marocains. Applaudissements. Le commentateur critique la décision de l’arbitre sur un vert (Maroc) : « Ah nullement, nullement, il n’y a pas eu faute » .

La pression est énorme à ce stade du jeu. Egalité. Hajji s’active. « Ah non, il n’y a pas eu faute », s’énerve la voix. Et refaute annoncée, faite par un blanc (Tunisie). « il y a fauuute !’, et enfin il lâche finalement : « il faut que l’arbitre mette des avertissements aux Tunisiens ! » et re salve de critiques offusquées. Quelques débitations plus tard, « les Marocains n’ont pas encore trouvé le tempo de cette rencontre » dit le commentateur de la Première chaîne nationale, 24 minutes passées.

Encore une faute. Il y a beaucoup de temps d’arrêt.

Les gradins sifflent cette fois pendant qu’on crie quelque part devant la Télé. « Le match est vendu » !

Tout le monde sortira énervé de cette rencontre, ça c’est sûr avant même le résultat du match. Le jeu n’est toujours pas lancé, tout le monde s’arrête trop. La rencontre qui déchaîne les passions a été particulièrement médiatisée. Et le jeu ressemble à un show. Temps d’arrêt début de jeu, faute. A droite, à gauche. « La défense tunisienne est forte » ; dit notre expert pendant que les blancs vont à l’offensive.

Le commentateur est énervé, sa voix le trahit :sèche, saccadée, et haute. Bref, pas des plus agréables et marrantes. Il se contente souvent de tracer les va-et-vient, sans parler trop de la tactique, des commentaires sur les joueurs.

Tentative de but tunisienne, mais bonne intervention de goal marocain. Les supporters se réveillent. Là, ils rugissent.

Mais le rythme semble énervé, pressurisé. Le suivi est difficile, enfin, l’enchaînement des évènements n’est pas la plus agréable des accroches pour la profane de foot.

Les supporters se mettent à siffler. 38e  minute : Talal Karkouri  fait une occasion en or sans suite.

Corner pour la Tunisie sans suite.

Méditel est également présente dans le carré vert. Maroc Telecom sur l’écran de temps en temps.

Gooooooooaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaallllllllllllllllllllllllll ! On a marqué un but à la 39e minute ! bravo ! 2-1 !!! les murs tremblent de joie. Le commentateur de Rabat va nous faire une extinction de voix. C’est la liesse générale. Ici, les antivols des voitures se sont déclenchés dehors (on se demande comment), les cris de joie, les tambourinages n’arrêtent pas.

Subitement, Zerktouni s’emplit de vie de klaxons, de cris, de sauts de joie. La rue applaudit. Des jeunes chantent.

« il y a une fauuuute » trépigne la voix enchantée, quelques secondes après la reprise du jeu.

maroc

A Radès, les tribunes marocaines dansent sautent nappent l’écran du drapeau rouge et vert. Zaki est concentré. Pas un sourire. Son regard trahit la tension qui l’anime. Le match n’est pas terminé. Mais c’est la fin de la première mi-temps.

« Il y a devant nous encore 45 loooongues minutes » dit essoufflé le commentateur. Il souhaite que l’équipe poursuive sereinement la rencontre de toutes les émotions.

Now, its pub time : Western Union, Atlas Blue, Hyundai, Assiri, Sidi Harazem « qui réveille votre corps et votre esprit », défilent un à un. Un dialogue téléphonique entre M. Karim et une jeune cadre  dynamique ayant fait un accident de voiture : RMA fait son show. Pour Ikamat (résidence) sidi maarouf (Casablanca), le groupe qui fait Addoha dit qu’une solution facile de logement existe.

Une voiture et un homme au cours d’un dîner aux chandelles, c’est une réclame pour auto. Et puis, oh, ca fait plaisir, une publicité ayant bercé mon enfance : Super lux ya baba ! Avec le cheval blanc qui surgit derrière les gradins d’un stade de foot : les piles Super lux ressussitent !

Ah cette fois, la cible, c’est l’estomac: « Mario aye aye aye ! » chante-t-on avec une gaieté particulière autour de sandwichs de thon.

Vous prendrez bien un café Asta ? Grâce à la Hajja, la mama. « Hajja ! Hajja ! » scandent ses jeunes hommes atour d’une tasse et d’un match télévisé…Eloquent. Ensuite, c’est re-publicité de hyunday (profane de voitures également).

Vos cheveux souffrent? Pas de soucis : head and soulders qui « kdy » 100% sur la pellicule et y a de la menthe fraîche dedans en plus ! Vous rendez-compte ?

L’estomac a toujours un petit creux ? Un peu de charcuterie : les « chhiuwat dandy » conversent, l’air heureux, deux mères de familles modernes dans leur cuisines. « chhiwat dandy » re-disent elles autour du savoureux produit avec leurs enfants dans le jardin. Tout le monde d’ailleurs a l’air heureux. Et le tout avec un « dandy dandy » chanté à tout bout de chant.

Pour digérer la charcuterie, rien de mieux qu’un bon thé. Changement de quartier. Il est plus populaire. Un comédien fait goûter un thé à la menthe, à son invité, en faisant des mimiques avec sa bouche, ses yeux, ses mains, sa tête…Le thé « souiri, al kafila, menara …» louange la voix off. Un thé pour les débiles ?

Excusez la justesse de la transmission, cela fait trop de pub en quelques minutes. C’est fini, je crois.

Ah, non, re pub, «  Siera un monde à vivre » dit la voix pendant qu’on voit les Twin center et les quartier des Casa devenir de l’électroménager.

Coca-cola est le supporter officiel de l’équipe nationale fait un show que j’ai pas eu le temps de voir, mais il y avait des enfants, dans un stade de foot.

Et Maroc Telecom ou téléphonez pas cher avec un autre show marrant fait par un comédien marrant. Marrant ça veut dire déprimant, j’entends bien.

OUF ! c’est fini ! Mais personne n’a du voir tout ca d’un trait. Du moins, espérons le. L’expérience n’est vraiment pas saine. Dans les autres chaînes, je n’ose imaginer le matraquage «débilisator».

Heureusement, la joie se fait entendre dans les rues, en filigrane de ces flashs désobligeants de choses à acheter et à avoir.

La RTM repart sur Radès. Le jeu reprend. D’un coup le bruit de la rue s’évapore. La concentration reprend. 46e minute. Les supporters scandent des hymnes. La rue est complètement silencieuse. Tout le monde est concentré. Nous n’avons pas intérêt à plier dit tout le monde (commentateur, supporters by tv, les supporters en direct, les yeux de Zaki). Ah tiens, Coca apparaît en haut sur l’écran.

Le rythme est différent. Les joueurs jouent plus ai-je l’impression. On mourrait pour ne pas lâcher les balles. Changement de joueur côté tunisien. Nooooooooooooooooooooooooooonnnnnnnnnnnnnnnnnn !!!!! Un deuxième but pour les blancs. Ils ont égalisé !! (je n’ose dire comment). J’étais partie chauffer l’eau pour faire un thé et j’entend de gros cris de la télé, mais pas de dehors. Les joueurs Blancs ont égalisé. Mais c’est horrible, horrible. Les gradins sifflent. Le silence s’empare de mon quartier. Tout le monde va se coucher. Et depuis, tout penauds, on essaie de faire passer ce dimanche. On y était presque.

Khaaaaaaaa, quel dommage, quel dommage.

(Ph.couple http://www.2m.tv/images/acc-can-maroc-fans100105.jpg)

Posté par moonlightsonata à 17:43 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 23 juin

Petite fille

hangzhou_petitefillePetite fille, que d'adultes t'adulent dans ta solidue éternelle.

Petite fille, que d'amour et d'attention que tu n'imaginerais pas une vie dénuée d'eux.

Petite fille, quand tu souriras à nos enfants qui parleront ta langue.

Posté par moonlightsonata à 01:40 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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