samedi 05 août
Liban, l'humanité en deuil
Une fois pris dans l'événement, les hommes ne s'en effraient plus. Seul l'inconnu épouvante les hommes.
Antoine de Saint-Exupéry
vendredi 04 août
Seigneur des nuits
Pleine d'impatience,
J'attends ton rêve, j'attends la nuit.
Les jours s'alignent en une chaîne
Mais chaque soir vient la briser.
Seigneur des nuits
Jette la passerelle sur le fleuve
De rive à rive.
Aussi quand, assoiffée je courrai
Pour me coucher dans ta fraîcheur
Au dernier bond je pourrai me reprendre
Sur la passerelle entre les rives entre les jours
Au-dessus de l'éclat de ton or.
Hannah
Cours cours
Je courrai alors comme je courais jadis
Par les près, les bois et les champs:
Tu te tiendras alors comme jadis
Le salut le plus intime du monde.
Puis on comptera les pas
Par le lointain et par le proche;
Puis on racontera cette vie
Qui fut le rêve de tout instant
Hannah Arendt
mercredi 02 août
L'esprit de la France par Charles
IV Un plaisant C'était l'explosion du nouvel an: chaos de boue et de neige, traversé de mille carrosses, étincelant de joujoux et de bonbons, grouillant de cupidités et de désespoirs, délire officiel d'une grande ville fait pour troubler le cerveau du solitaire le plus fort. Au milieu de ce tohu-bohu et de ce vacarme, un âne trottait vivement, harcelé par un malotru armé d'un fouet. Comme l'âne allait tourner l'angle d'un trottoir, un beau monsieur ganté, verni, cruellement cravaté et emprisonné dans des habits tout neufs, s'inclina cérémonieusement devant l'humble bête, et lui dit, en ôtant son chapeau: « Je vous la souhaite bonne et heureuse!»puis se retourna vers je ne sais quels camarades avec un air de fatuité, comme pour les prier d'ajouter leur approbation à son contentement. L'âne ne vit pas ce beau plaisant, et continua de courir avec zèle où l'appelait son devoir. Pour moi, je fus pris subitement d'une incommensurable rage contre ce magnifique imbécile, qui me parut concentrer en lui tout l'esprit de la France. Petits poèmes en proses, Charles Baudelaire
Voie lactée
Les démons du hasard selon
Le chant du firmament nous mènent
A sons perdus leurs violons
Font danser notre race humaine
Sur la descente à reculons
Guillaume Apollinaire






